vendredi 19 juillet 2019

Sophie Kinsella - Surprends-moi



Résumé

Après Ma vie (pas si) parfaite, la créatrice de l'inoubliable accro du shopping nous offre une nouvelle comédie, pleine de charme, d'humour et de rebondissements, sur un couple bien décidé à pimenter sa vie... pour le pire et surtout le meilleur.

Dix ans de bonheur sans nuage, deux adorables jumelles, une belle maison et des jobs épanouissants : Sylvie et Dan filent le parfait amour. Jusqu'à ce rendez-vous médical de routine où ils apprennent qu'ils vivront certainement centenaires, soit soixante-huit belles années de vie commune devant eux.
Sept décennies côte à côte ? Une éternité ! Et c'est le début de la panique...

Pour préserver la flamme, le couple lance le projet " Surprends-moi ", fait de cadeaux inattendus, dîners surprises, séances photos sexy... et autant d'occasions de malentendus, aussi drôles que désastreux. Mais les fous rires vont rapidement laisser place à d'étonnantes révélations. Et quand un scandale du passé resurgit, Sylvie et Dan en viennent à se demander : se connaissent-ils réellement ?

Mon avis

Je ne vais pas présenter l’auteure Sophie Kinsella, l’auteure à succès de l’accro du shopping. Je connais tous ses livres, j’ai tout lu, j’aime !

Ici, le départ de l’histoire c’est une simple visite chez le médecin qui annonce au couple que forment Sylvie et Dan qui déclenche un phénomène de panique à la prédiction qu’ils vont encore vivre longtemps ensemble, ayant la chance d’être tous deux en bonne santé. Ils ont aussi deux jumelles. Le bonheur !

Je suis surprise devant leur réaction. Au lieu de sauter de joie, c’est le contraire qui se passe. 68 ans avec le même partenaire, quel vertige ! Évidemment, vu comme ça et surtout décrit avec la plume et le talent de Sophie Kinsella, c’est compliqué.

D’éclats de rire en rire, puis en réflexion, tristesse, jalousie et beaucoup de questions sur la vie, les parents, l’origine, vont faire que cette histoire finalement va poser de sacrés problèmes.
L’idée de départ de se surprendre régulièrement pour ne pas tomber dans la routine va vite devenir non plus un plaisir, mais une obligation qui va tourner au cauchemar, même si des moments de franche rigolade vont être distillés ici et là au fil des pages.

La séance de shooting photo entre copines est à inscrire dans les annales. J’applaudis la plume de l’auteure qui sait parfaitement retranscrire ce que peuvent ressentir les femmes en se faisant filmer en petite tenue. Les scènes sont joliment décrites, elles sonnent vrai, comme si l’auteure avait fait les essais avant de l’écrire. Très amusant !
Extrait « Les photos dans l’embrasure de la porte sont encore pire. …. Vous savez quoi ? Je ressemble à un gorille. Un gorille pâle et sans poils, coiffé d’une perruque blonde, habillé de lingerie noire et suspendu à l’encadrement de la porte ».  

J’éclate de rire quand le couple joue à qui va gagner la meilleure surprise pour épater l’autre… et aussi lor
squ’après un câlin, Sylvie pense « Un de moins ». Génial !

Mais « Surprends-moi » prend un tout autre sens quand des secrets apparaissent. Sylvie est alors face à un mari qu’elle ne reconnaît plus et face à un père disparu qu’elle croyait justement bien connaître.
Petite fille privilégiée, la jeune femme se rend compte qu’elle est passée à côté de beaucoup de choses et la chute va être brutale et sans retour en arrière. Elle va couper net le cordon, et croyez-moi, quand je dis couper, c’est une belle image. Le cordon ici, prend un tout autre sens.

« Surprends-moi » va vous surprendre, mais pas tout de suite. Laissez-vous le temps d’entrer dans l’histoire. Au contraire des précédentes œuvres, l’auteure prend tout son temps.
C’est vrai qu’il lui reste encore 68 ans à vivre au moins… alors pourquoi se presser.

Un très bon moment de lecture à la sauce de Sophie Kinsella.


mercredi 17 juillet 2019

Gélou Morel - Laissez-moi faire


Résumé

À 17 ans, Gélou a gagné la célébrité et la fortune en interprétant le rôle principal d’une série télévisée pour adolescents. Oui, mais aujourd’hui, elle a 30 ans. La série s’est arrêtée, Gélou a dépensé tout son argent (avec l’aide des impôts) et ceux qui se souviennent d’elle trouvent qu’elle a beaucoup vieilli… depuis ses 17 ans ! Devrait-elle se résigner à être démodée prématurément ? Ce n’est pas son style ! Pour reconquérir le succès, elle est prête à tout ! Vraiment tout ! Y compris reprendre au cinéma le rôle qui l’avait rendue célèbre 13 ans plus tôt ! Et même, partager l’affiche avec Sophie Sagnet, la garce qui lui a pris l’homme qu’elle aimait, juste parce qu’il était un journaliste influent ! La confrontation des deux femmes s’annonce difficile, certes ! Mais il en faudrait davantage pour effrayer Gélou… Qui ne s’aperçoit même pas qu’elle se précipite et nous entraîne à sa suite dans une cascade d’aventures improbables, entre suspense et fous rires !

Mon avis

« J’ai choisi de devenir actrice : parce que les comédiens ne travaillent pas, ils jouent ! ».
L’auteure parle à la première personne. Évidemment, je comprends immédiatement qu’il s'agit d’elle et de tous les gens qu’elle a côtoyés. L’écriture est fluide, sympathique. Bienvenue dans le monde du cinéma et de la tricherie, des mensonges, des paillettes, de tout ce qui brille n’est pas or, du « il faut se montrer » et j’en passe.
Ce livre est un plaisir. Je me suis amusée de bout en bout, parce qu’il est un jeu continuel. Je l’ai dégusté comme une glace au chocolat. J’ai fait connaissance avec Gélou Morel et j’ai sincèrement aimé son écriture. Elle dit ce qu’elle a à dire et ne prend pas de gants. J’adore !
L’univers du cinéma est une comédie permanente, dans les réparties, dans les dialogues, dans les rencontres, tout n’est que poudre aux yeux. Tout y passe, les photos, les retouches, le maquillage, ce qu’il faut dire ou pas pour se faire remarquer, les journalistes, les producteurs, les réalisateurs. Un régal people. L’auteure tire sur tout ce qui bouge, comme si elle avait des comptes à rendre. De nombreuses allusions à des personnalités de télé-réalité me font éclater de rire. Elle est cash Gélou et en plus, elle vous parle dans son livre. Elle vous met en scène. Elle est dans votre salon, et vous discutez avec elle, elle vous raconte l'histoire. Vous jouez avec elle, elle vous donne un rôle et c’est ce qui m’a plu.


Quand Gélou est retenue pour rejouer dans la série qui la fait connaitre lorsqu'elle avait 17 ans et qu’elle se présente pour paraître toujours cet âge de midinette, alors qu’elle affiche quelques années de plus au compteur, je suis subjuguée et je ris. Je me dis, mais elle ne va pas le faire quand même ? Mais si…
Quel cliché, ces séries qui reprennent des vedettes d’il y a des années… et qui marchent ! Joli clin d’œil !

Quant à l’intrigue, parce qu’il y en a une, je ne peux que vous conseiller de la découvrir. C’est avec brio qu’elle est racontée. Gélou qui joue son propre rôle est embarquée dans un tas d’aventures incroyables, qui me font dire « incroyables, mais vrai », ça ne vous rappelle rien ?
Voilà, c’est ça le livre de Gélou Morel. Un bon moment de franche rigolade à ne pas prendre au sérieux du tout, quoique…mais laissez-là faire …



lundi 15 juillet 2019

Nathalie Antien - Midi moins n'oeuf


Résumé

Entre mystère et fiction, évoluant dans les méandres de l’utopie, de l’imaginaire et du suspense, ce recueil de nouvelles nous plonge avec délice dans un univers étonnant au sein duquel des personnages inattendus vous envoûtent et dévoilent leurs secrets, vous conduisant vers une fin improbable.

Mon avis

Je découvre ici une autre manière d’écrire de l’auteure Nathalie Antien puisque je connaissais « Les gardiens de Syot » un roman jeunesse.

Au fil de ma lecture, j’oscille entre mystère, fiction, imaginaire, réalité, et toujours comme l’indique le résumé, une fin improbable, je dirais même pour ma part, une fin inattendue, voire inexpliquée.
Les nouvelles se succèdent sans aucun lien entre elles. La première qui porte le titre de l’ouvrage me laisse perplexe, alors que j’adhère tout à fait à la suivante appelée « La fontaine de jouvence ». Elle délivre d’ailleurs un joli message… À vous de le découvrir.

« L’animal qui sait tout » est criant de vérité. Elle est, je pense, ma nouvelle préférée.

Tout au long du recueil, je vais de surprise en surprise avec une écriture pleine de mystères. Que feriez-vous si les marches de votre escalier disparaissaient, alors que vous étiez en train de les monter ou les descendre ?
J’ai ri avec « Les parents insupportables », j’ai été émue avec « La maison dans les nuages », j’ai essayé de comprendre l’énigme « Charley ».
Méfiez-vous « des pierres qui saignent », et de « la rencontre de la forêt ».
« Les angoisses divines » m’ont fait froid dans le dos et…
« Si je vous disais » est un bijou. Mais il faudra lire tout le livre pour le savoir.

C’est un recueil de jolies nouvelles à découvrir. Je ne vous cacherais pas qu’il est particulier. Mais justement, sa particularité est de vous attirer, vous appâter, et finalement, vous vous laissez happer par les histoires, toutes différentes. Mais le titre en lui-même « Midi moins n’œuf » n’est-il déjà pas un mystère à lui tout seul ? Sur le réveil, les aiguilles affichent quand même 12h presque 50mn...

mercredi 26 juin 2019

Mireille Calmel - La prisonnière du diable


Résumé

Mai 1494, en Égypte.
Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret.
Lorsqu'elle s'arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche.
Celui dont le diable s'est emparé et qui sera exécuté par l'Ordre.
La volonté de Dieu...

Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice.
Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame.
Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue.
Mais lorsqu'elle lit le message, elle vacille.
Jamais ce nom n'aurait dû apparaître...

Un thriller médiéval vertigineux...
... dans les flammes de l'enfer

Mon avis

C’est une première ! J’ai mis plusieurs chapitres à entrer dans l’histoire. Je me suis demandé pourquoi, parce que, ensuite, ça a été un plaisir. J’en suis même arrivé, en constatant qu’il ne me restait que quelques pages à découvrir, à retarder le moment de voir le mot « Fin ».

Je suis ici dans une course contre la montre. Je prends le temps pour comprendre ce qu’il se passe. Qui doit disparaitre ? Pourquoi ?
Mireille Calmel nous présente tour à tour les personnages. Voilà pourquoi, je reviens en arrière pour assimiler qui est qui. Une fois le rôle des héros bien intégré la lecture est un régal.
Ce n’est pas tous les jours qu’une roue délivre un message qui va désigner quelqu’un qui doit mourir parce qu’il est habité du diable. Évidemment, dit comme ça, vous allez vous demander ce que je raconte. Et pourtant c’est tout à fait ça.

J’adore quand l’auteure devient à nouveau du pure Mireille Calmel. Elle prend son écriture médiévale, son vocabulaire s’envole dans les labyrinthes de la sorcellerie, de la magie, et apparait alors une gorgone au détour de ma lecture.
Toujours sur fond historique, je plonge dans un monde diabolique. Je fais connaissance avec les sombres desseins, la noirceur et l
es mensonges. Sont présentes aussi la fourberie, les rivières de la haine et de l’amour.

La dédicace de cet ouvrage est pour Notre-Dame de Paris « À ce vaisseau de pierre que le diable n’a pas vaincu. À Notre-Dame… » je songe alors à ces flammes qui l’ont ravagée quand je découvre les lignes de Mireille Calmel. La terre tremble, car le mal a pris figure humaine, mais il a trouvé plus fort que lui, même s’il s’infiltre partout et à chaque page. Lorsqu’il y a un peu d’accalmies, je ne sais plus à qui faire confiance à l’instar des personnages. D’ailleurs, eux aussi, sont rudement malmenés et les secrets peu à peu se dévoilent. Je vais de surprise en surprise.

Tout commence avec l’héroïne de l’histoire, la roue puis l’épouvante d’Annabeth. Myriam entre en scène un mois après, puis Élise, ses sœurs et son père à l’auberge. Hersande est au sanctuaire avec les différentes nonnes, une Égyptienne débarque, un baron méconnaissable, un homme un peu simplet, Maître Benoît, l’Ordre… Tout ce monde participe à la course contre la montre et ça en fait du monde. Ils tournent tous autour d'une même personne. Qui ?

Quel est le nom écrit sur le papyrus qu’Hersande reçoit ? À la base, c’est à la volonté de Dieu qu’il faut obéir parce que le diable s’est emparé d’une âme. Qui est l’exécuteur à qui elle doit le remettre ? Elle doit respecter la date et l’heure même si elle ne comprend pas pourquoi le nom apparu n’aurait jamais dû l’être. Et si tout était tout pipé d’avance ? Si ce qui était inscrit avait été changé pour sauver la prisonnière du Mal ?

J’admire le courage de tous. Ils reconstruisent petit à petit tout ce qui est détruit… Je ne peux m’empêcher de penser à nouveau à Notre-Dame toujours debout.

Je vous recommande fortement de plonger dans ce suspense insoutenable jusqu’au bout. Ici encore, l’auteure déploie une fois de plus tout son talent et j’applaudis avec vigueur et j’en redemande.


vendredi 21 juin 2019

Nicole Provence - L'impossible aveu



Résumé

Région lyonnaise, été 1872. Même si Aiglantine a trouvé le bonheur auprès de Mathieu, elle dissimule toujours un terrible secret. Des années plus tôt, elle a abandonné son fils Aurélien qui a été adopté par une riche famille d'industriels de la soie. Depuis, Aiglantine est devenue amie avec Louise, la mère adoptive, qui l'autorise à rendre régulièrement visite à ce fils ignorant la véritable histoire de sa naissance. Le fragile équilibre est rompu le jour où Louise, gravement malade, veut briser le pacte du silence. Aiglantine refuse, redoutant une confrontation douloureuse avec l'enfant qu'elle a abandonné. Mais combien de temps pourra-t-elle encore garder ce secret ? D'autant que, dans l'ombre, un individu venu de son passé réclame vengeance... Aiglantine va devoir faire des choix difficiles, pour son destin et celui de son fils...

Mon avis

Ce n’est pas la première fois que je lis Nicole Provence. J’ai retrouvé avec plaisir son écriture fluide, limpide, je dirais même qu’elle coule de source.

J’ai aimé que l’auteure revienne régulièrement sur la vie de l’héroïne, parce que je ne connaissais pas le précédent ouvrage appelé « Le secret d’Aiglantine ». Je rassure donc les lecteurs qui achètent ce roman, ils comprendront facilement.

Je souhaiterais tout d’abord saluer le choix du prénom Aiglantine. Il aurait pu être Rose en référence à la fleur de l’églantier, mais la préférence de Nicole Provence nous oriente plus sur le symbole de l’aigle. Il est représenté ici par une belle jeune femme aux yeux violets, sa prestance, sa force et sa dignité. Elle ne lâche rien quoiqu’il arrive. C’est tout au moins comment moi, je la vois.

De nombreux personnages aux caractères impétueux comme à chaque fois dans les histoires de Nicole Provence, se disputent le premier rôle.
Il reste incontestablement à Aiglantine et Aurélien. Elle sait qu’elle est sa mère, lui ne comprend pas pourquoi les liens avec elle l’émeuvent. Il n’a qu’une mère Louise.

Tout au long de ce roman, le secret plane et il finira par exploser, car il ne peut en être autrement. Le talent de l’auteur est qu’il n’est pas lâché simplement, non. Je sens les divers cheminements des personnages et vois les situations qui amènent le lecteur là où il doit arriver, à savoir, la divulgation de cet impossible aveu.

C’est tellement bien raconté, que je ne peux que subir comme Aiglantine les affres de la douleur à chaque nouvelle épreuve : Décès, haine, peur se succèdent à un rythme insoutenable.

Le passé rattrape la jeune femme à une vitesse vertigineuse. Il est heureux pour elle qu’elle soit très bien entourée. Ici encore, je retrouve ce que représente la famille.

Des personnages méchants, haineux, rancuniers, jaloux jalonnent cet opus. À chaque fois, les situations qu’ils provoquent sonnent vrai et semblent inéluctables, tellement l’écriture est cohérente.

Je me demande souvent comment ça va se terminer. Je me retiens alors pour ne pas aller directement à la fin et lire en diagonale juste pour connaître la chute…
Mais je suis studieuse, je parcours page après page, et découvre tour à tour avec tristesse, joie, mélancolie, horreur, ce que les personnages vivent et je les ressens avec eux. Tout de même, ma préférence pour Aiglantine reste intacte et j’admire sa force de caractère.
Je compatis à la douleur d’Aurélien pour diverses raisons tout en saluant l’auteure qui nous fait bien comprendre que le soleil revient toujours dans nos cœurs, même après un impossible aveu.

jeudi 20 juin 2019

Ninon Amey - Dis-moi pourquoi



Résumé

Sarah, dévouée à ses amis comme à sa famille, peine à trouver sa place dans la vie. Son seul plaisir : s'échapper de la réalité grâce aux romans qu'elle doit lire dans le cadre de son travail.
Axel fait de son mieux pour gérer les soucis du quotidien et affronter un passé douloureux dont les souvenirs refont surface. La musique est son seul exutoire.
Leur rencontre les aidera-t-elle à affronter leurs propres traumatismes pour se réconcilier avec la vie, mais surtout avec eux-mêmes ?

Mon avis

L’histoire est racontée du point de vue des deux héros, Sarah et Axel. C’est intéressant que l’auteure se mette dans la peau de chaque personnage et nous fasse partager leurs sentiments en même temps.

Tout au long du livre je suis mal à l’aise avec Sarah, simplement parce qu’elle me fait de la peine. Ce n’est pas une banale romance que nous écrit ici Ninon Amey.
C’est aussi l’apologie de « trouver sa place dans une famille ». Sarah est l’ainée, elle a une sœur qui m’agace prodigieusement tout au long de ma lecture. Il n’y a qu’elle, je ne vois qu’elle. Là, où je suis blessée davantage, c’est quand les parents semblent aussi ne faire attention qu’à elle, Jennifer.
Quelle chipie cette sœur ! Quel plan a -t-elle inventé ? J’avoue que ce n’est pas de chance. Un vrai concours de circonstances.

Je lis entre les lignes le mal être de Sarah. Je découvre qu’Axel a eu lui aussi une enfance difficile. Tous deux blessés et malmenés par la vie, vont-ils réussir à se faire confiance ? Le problème réside dans ce mot « la confiance ». L’auteure sait ménager le suspense, parce que lorsque je pense que tout va bien se passer, intervient alors ce petit grain. Vous le connaissez ce petit grain de sable qui vient tout enrayer. Il vous gratouille dans la chaussure tant et si bien qu'il vous oblige à vous arrêter pour l’enlever. Ici, c’est souvent qu’il revient ce fichu grain, je me demande même si Ninon Amey ne s’est pas amusée à le faire exprès juste pour faire durer le plaisir.  
Les ressentis de Sarah et Axel sonnent juste. Jalousie, regrets, tristesse, mal-être, peur, haine. Tous deux doivent penser à se remettre en question pour avancer et oser s’aimer. Ce chemin-là est semé d’embûches. Axel a bien du mal à les surmonter. Va-t-il réussir à faire disparaître ses vieux démons ?
En tout cas pour lui comme pour Sarah, ce qui reste solide finalement comme un roc, c’est la famille. Comme c’est souvent le cas d’ailleurs. C’est là qu’ils y viennent chercher les ressources nécessaires pour avancer.
Même si parfois, il semble inimaginable de parler et d’avouer ses faiblesses, il est utile de le faire et de mettre à plat ce qui fait mal. Le titre prend alors tout son sens.

Je tire tout de même mon chapeau à Axel qui reste fidèle à lui-même et ne triche pas. C’est le gentil garçon à qui Sarah devrait pouvoir faire confiance.

Je ressens ici beaucoup l’amour du noyau familial qui parait important à l’auteure. Elle a su faire passer ce message dans son écriture et j’apprécie énormément parce que c’est une histoire qui s’adresse à un certain nombre de chacun de nous.
Alors, posez cette question qui vous encombre l’esprit… dis-moi pourquoi j’ai l’impression de ne pas compter vraiment pour vous ? Dis-moi pourquoi cette idée trotte dans la tête. Dis-moi pourquoi je ne me sens pas à ma place. C’est un bon début de communication…





samedi 15 juin 2019

Charlotte Adam - Tuer n'est pas vivre - La mort dans les veines



Résumé

Le contrat sur Marina a toujours cours et la menace continue de planer sur Little Italy. Wade, plus lié que jamais à la famille Rezzano, devra trouver sa place dans ce milieu où le moindre manquement à la loyauté peut coûter cher. Difficile de faire la différence entre l’attirance et les sentiments quand la méfiance est omniprésente. Hésitant à tourner le dos à son passé, mais craignant un avenir où il perdrait sa liberté, Wade n’aura pas le temps de faire son choix : déjà, un nouveau danger se profile à l’horizon, le confrontant à ce qu’il porte en lui.

Mon avis

Je retrouve avec plaisir les héros du tome 1 et surtout l’écriture de Charlotte Adam. Elle a le talent de ménager un suspense qui ne se dément pas tout au long de ma lecture.
Un chapitre se termine qu’une autre intrigue commence. Pas de répit dans cet opus où course poursuite, jeu du chat et de la souris s’enchainent avec toujours la présence de ce sentiment qui s’infiltre partout entre les lignes : la suspicion.
À qui faire confiance ?

Tony Rezzano est ce qu’il est, mais il ne faut pas toucher à Marina et surtout ne jamais le tromper. Quand il a donné sa confiance, malheur à celui qui la trahit.
Comment prendra-t-il l’idylle entre Marina et Wade ? Avec son amour sans limites pour elle, il a beaucoup de mal à gérer la situation et j’entends parfaitement son inquiétude. Les mots sonnent juste et ce qu’il entreprend se comprend, même si la colère de Marina est justifiée elle aussi. Ici, les rapports entre père et fille sont tendus même s’ils sont toujours emprunts de tendresse et de respect.
En dehors de ce que représente Tony, le mafieux italien, je m’imprègne avec plaisir des parfums du restaurant qu’il dirige. J’aime beaucoup les clins d’œil qui font référence à cette langue et ce pays. Charlotte Adam a le don de promener son lecteur et de lui faire partager un bon plat de pâtes, sur un fond d’intrigues. Mine de rien, je déguste un tiramisu sachant parfaitement que celle qui me l’a préparé manie une arme et n’hésite pas à s’en servir.
Dans cet opus pourtant, Marina m’agace prodigieusement avec ses questions, sa jalousie, et son comportement tout entier. Plus d’une fois, j’ai pensé qu’elle mettait en danger Wade.

Justement, quel cas de conscience pour Wade, dont il se serait bien passé : trahir son ami en sortant avec sa fille. Il a besoin de toute son énergie et sa vigilance pour mener à bien ses missions. Mais comment faire quand on est amoureux ? Et surtout comment se comporter avec la belle Italienne sans la blesser, avec tout ce que peut exprimer ce verbe ?
Les sentiments de ce tueur à gages sonnent vrai. Je ressens effectivement ses réticences à lâcher prise Il joue un jeu dangereux. Jusqu’où peut-il aller à baisser sa garde ?
Beaucoup de questionnement pour Wade qui pourraient l’amener à sa perte. Est-il possible d’être amoureux quand on exerce cette profession ? Est-ce raisonnable ? Met-il en danger ceux qui l’entourent ? N’aurait-il pas alors envie de tout plaquer ? Peut-il tout abandonner ? À quel prix ?
Et s’il se laissait abattre, parce qu’il en a assez d’avoir la mort qui coule dans ses veines ?

Il y a un tome 3, amis lecteurs, fort heureusement.