jeudi 9 juillet 2020

Nathalie Brunal - Le défi d'Apolline



Résumé

1898. Apolline, jeune fille de la bonne société canadienne, est en âge de se marier. Mais à 22 ans, Elle ne cesse d’évincer les prétendants que lui présentent ses parents. Une révolte que n’admet pas sa mère… Quand celle-ci apprend qu’une cousine, enceinte et mère de deux jeunes enfants, vient de perdre son mari dans l’éboulement d’une mine, elle est persuadée de tenir le chantage qui fera plier Apolline : se marier ou partir aider cette cousine qu’elle ne connaît pas. À la surprise générale, Apolline quitte son quotidien pour les contrées lointaines du grand Ouest. Elle qu’il n’a connu que le confort feutré de son hôtel particulier découvre la rudesse d’un monde encore sauvage. Et si cette épreuve était l’occasion pour elle de se réapproprier son destin, et pourquoi pas de croiser l’amour ?

Mon avis

Qu’il est difficile et mal aisé de donner un avis objectif, construit et réaliste sur une lecture d’une auteure avec qui je discute souvent, ris, bafouille, et raconte des blagues.
Pour me faciliter la tâche, cette histoire plait, le livre a été en rupture de stock, bref tout pour parasiter mon ressenti.

Je suis une incorrigible romantique par conséquent le résumé m’a instantanément interpellée.

D’entrée « … une tasse de thé à la main, nous discutions du prochain atelier broderie », le décor est planté et l’ambiance feutrée des salons m’englobe. Ce qui est déroutant c’est que j’imagine immédiatement, l’auteure en train de bailler, parce qu’elle s’ennuie. Difficile de dissocier les deux personnes, Apolline et Nathalie Brunal.

Oui, Apolline en a assez de choisir de jolies robes qu’elle ne mettra qu’une fois en société. Oui, Apolline se rebelle contre sa mère qui veut absolument la marier parce qu’elle a vingt-deux ans et qu’elle n’a que trop attendu.
Oui, Apolline est frondeuse quand elle brave celle-ci en revêtant la même robe alors qu’une autre avait été préparée pour la circonstance.
Lorsqu’à bout d’arguments, il lui est proposé comme un chantage de partir rejoindre une petite-cousine pour l’aider, alors qu’elle ne sait rien faire de ses dix doigts sauf recevoir, briller en société et boire le thé en discutant broderie, elle accepte immédiatement au grand dam de son père qui tient beaucoup à elle.
 L’arrivée dans les contrées lointaines de la jeune fille ne passe pas inaperçue. Souvent maladroite, avec deux pieds gauches comme elle aime le dire, elle se fait très vite remarquer. J’admire le sens de la répartie d’Apolline qui ne se laisse jamais abattre, ni par le froid, ni par la lessive, ni par la cuisine, ni par la traite des vaches dont elle se fait les amies.

Je souris quand elle se froisse ou est offusquée par le comportement rustre et « sauvage » des habitants qui sont à des lieux de ceux qu’elle côtoie habituellement dans els salons.
Je reconnais aussi la patte de l’auteur et son caractère de « clown » comme elle aime à le dire dans les commentaires et les réflexions d’Apolline.
Je m’amuse follement notamment le jour de la lessive, ou Jack son voisin, va découvrir les « dessous » des deux jeunes femmes.

Jack, justement. C’est bien lui qui me gêne un peu. Fort sympathique, je le vois tout de suite ne pas rester insensible au charme d’Apolline. Très gentil, il fait tout pour lui plaire, et ce qui m’embarrasse, c’est que c’est facile…
Les sentiments sonnent vrai, adepte de la romance, tous les ingrédients y sont, mais… il me manque du peps.

J’ai passé toutefois un très bon moment de lecture. La plume de Nathalie Brunal est fluide, légère et très agréable à lire.
Les deux mondes sont bien représentés avec des personnages hauts en couleur très amusants et attachants.

Je salue le courage d’Apolline, une femme rebelle qui a su prendre en main son destin pour être heureuse et se réaliser. Parce que finalement, les ateliers broderie peuvent être très utiles même avec une tasse de thé.  

mercredi 8 juillet 2020

Frédérick D'ONAGLIA - La vie leur appartient



Résumé

Un orage dévastateur, une famille dans la tourmente.

Tout sourit à Elsa qui vient d'épouser Martin. Dans la belle ville de Sommières, la jeune infirmière intègre avec joie la famille de son époux, le clan Lazaret. Mais le bonheur tout neuf des jeunes mariés est balayé un soir d'orage quand une crue majeure ravage la région. Non seulement la jardinerie familiale est dévastée, mais une des collègues d'Elsa est retrouvée morte, noyée. De nombreuses questions planent autour de cette disparition... Le jeune couple surmontera-t-il l'ouragan sur le point de déferler sur les Lazaret ?

Mon avis

Je ne vais pas me raconter d’histoire ni vous en raconter, ce livre est une pure merveille.

Trois corps de métier qui me tiennent à cœur : Une infirmière et son dévouement sans limites, un soldat du feu, une jardinerie.
Une maison familiale avec un clan comme je les aime. Un décor bien planté et je me plonge avec délice dans l’intrigue.

Elsa se marie avec Martin. L’une soigne, l’autre éteint les feux entre autres. Tout va bien.
C’est mal connaître l’auteur Frédérick d’Onaglia. Une crue qui vire au cauchemar, Marion, la collègue d’Elsa qui est retrouvée noyée, la jardinerie "Terre de Garrigue" qui prend l’eau sans jeux de mots et tout dérape.

Vous mélangez tout ça, vous ajoutez un grain de sable comme un homme mal dans sa peau qui ne se trouve pas à sa place, écrasé par sa femme, un clan familial soudé quoiqu’il arrive, un zeste de jalousie, et vous obtenez une histoire à vous couper le souffle.
Oui, parce que la crue qui déferle sur moi, m’embarque, me roule dans les eaux bouillonnantes du Vidourle et pour m’en sortir, je n’ai à ma portée que la solution de tourner les pages avec vigueur pour comprendre ce qu’il se passe.

J’ai rencontré plusieurs fois l’auteur. Fort sympathique et généreux en conseils et à raconter comment il écrit, j’ai imaginé comment sa trame s’est construite. J’ai entendu sa voix, je l’ai vu créer ses personnages et se demander qui allait être celui que le lecteur allait aimer. Puis, mettre en place ses chapitres comme un puzzle qui prend forme jusqu’à la pièce maîtresse qui donne enfin corps à toute l’histoire.

Merci Frédérick pour ce livre, il m’avait semblé écrire sur ma dernière chronique concernant « Mémoires effacées » que c’était peut-être celui que je préférais. Une fois de plus, vous m’avez surprise et conquise par ce nouvel opus.

La vie leur appartient, un coup de cœur.




mardi 30 juin 2020

Eric Frimat - Question d'honneur



Résumé

Lens, une ancienne cité minière du Pas de Calais, un soir de match de football. Une personnalité est agressée violemment dans les toilettes du stade Bollaert. Ludovic, un joueur compulsif croulant sous les dettes, tente d'enlever un usurier sans scrupule qui menace de s'en prendre à ses enfants. Sa tentative maladroite échoue, mais a des conséquences inattendues pour une autre personne, Laurent, sorti presque au même moment des toilettes du stade.
Car malheureusement pour lui, il a été aperçu par Anthony, le garde du corps du notable agressé. Un individu, pétri de certitudes, persuadé d'avoir identifié le responsable de l'acte. Pour lui, une véritable opportunité de retrouver son honneur perdu, en quelque sorte. Un professionnel de la sécurité, incapable de parer à une attaque parce qu'il est distrait par le match, ça fait désordre ! Et pour y parvenir, Anthony est prêt à tout et ce n'est pas le capitaine Delattre, chargé de l'enquête qui prétendra le contraire...
Et vous, pour une question d'honneur, jusqu'où seriez-vous prêt à aller ?

Mon avis

Je suis ravie de me plonger dans l’atmosphère du stade Bollaert, surchauffée grâce aux « Sang et Or », couleur du maillot des Lensois.

L’histoire commence et je pars d’entrée sur une fausse piste… incroyable. Bravo l’auteur !
Le livre démarre un peu à la manière du feuilleton Columbo, je ne vous en dis pas plus, mais vous pouvez imaginer si vous connaissez ce policier.

Donc, adepte de cette série, je suis l'enquête… et jusqu’au bout je me trompe. Le pire c’est que, lorsque je le réalise, je suis contente. Je salue l'auteur qui a su brouiller les cartes jusqu'au point final.

Laurent, personnage lambda pour moi, qui n’a aucun caractère, qui m’agace au plus haut point. Pas d’envergure, suit sa compagne comme un toutou. Bref, tout tourne autour de lui. Il n’est même pas attachant. Clin d'oeil quand même, si les hommes écoutaient un peu plus leur moitié...
Ludovic, le joueur incontrôlable et qui flambe tout ce qu’il touche. Il n’hésite pas à mettre femme et enfants et danger et le comble c’est que lorsque celle-ci va s’en apercevoir et qu’elle va vouloir le quitter, il va promettre tout et n’importe quoi. Personnage antipathique au possible par qui tout arrive.

Anthony, le garde du corps, qui se laisse facilement distraire. Lui, il ne recule devant rien et quand il devient l’ami de Laurent, je m’amuse follement. Il ne se rend compte de rien, il est tout content d’avoir un nouveau pote et n’imagine pas une seconde pourquoi il est apparu d’un coup dans sa vie.

Michel Delattre, le policier. Il me plait. Déchiré entre son enquête et sa famille, il va devoir faire le bon choix.

Et puis Hélène…

Si je m’attarde sur le titre, je me dis qu’il convient autant à Anthony qu’à Michel Delattre.

L’enquête est très bien ficelée et bien racontée. Pas d’incohérence, du suspense jusqu’au point final, de la jalousie, de l’amour. La plume est légère, enjouée je dirais même, pas de temps mort. La lecture est très agréable. Un bon moment passé en compagnie des personnages, que je recommande.

Mais quand même, je me suis bien plantée...


mardi 23 juin 2020

Anne-Charlotte LAUGIER - Journal d'une pétasse au volant



Résumé

Mais pourquoi une pétasse au volant serait plus pétasse qu’une pétasse à pied ? Parce qu’une voiture protège de tout : des autres pétasses encore plus pétasses, des hommes à petit cerveau et grosse auto, des flicaillons tatillons et des passants envahissants. Dans son cocon, la pétasse est enfin elle-même, libérée des turpitudes, c’est du moins ce qu’elle s’imagine. Chanteuse à tue-tête (souvent), romantique (un peu), vulgaire (parfois), maman (quand il faut) et mécano (le moins souvent possible), elle vit sa voiture et la transforme selon son humeur et sa météo personnelle. Tour à tour salon de coiffure, alcôve amoureuse, salle de concert, bureau ou bistrot avec les copines, son auto est le décor de sa vie et de ce roman qui aborde, sur un ton humoristique, des problèmes qui vont bien au-delà de l’anecdote.

Mon avis

Pétasse, définition du dictionnaire : nom féminin, vulgaire : Prostituée. Injurieux : femme (synonyme grognasse).

Anne-Charlotte Laugier m’a fait passer un excellent moment. Ne serait-ce déjà que par le titre. Quand une « pétasse » se raconte, c’est le rire assuré.

Donc la pétasse en consultant son GPS se rend compte que son mec a rencontré sa meilleure amie alors qu’elle est fâchée avec, elle voit rouge et la pétasse se met en route.

La vengeance est un plat qui se mange froid et moi je m’amuse parce que cette pétasse fait tout ce qu’on pense tout bas mais qu’on ne dit pas parce qu’on est bien élevé.

La Pétasse parle sans filtre quand la copine vient de se faire larguer « … fallait peut-être pas lâcher l’épilation ma chérie… C’est quand ta dernière intégrale ? »
Quand en plus la copine est moche dans le groupe, la pétasse se trouve encore plus jolie. Amusant, je n’y avais pas pensé. Et les mecs qui regardent le groupe pensent « … la jolie assise à côté de la moche là-bas, elle est trop sympa de traîner avec elle ». La jolie étant la pétasse évidemment.

La Pétasse a un état d’esprit différent. Elle démarre au quart de tour que ce soit en voiture ou en paroles, elle parle haut et fort et ne respecte rien. Elle se gare sur les places handicapées, arrive en retard au cours de sport en clamant que l’échauffement l’ennuie, et oublie de ranger son tapis. Elle porte des Louboutin dont les talons se coincent dans les pédales… de sa voiture. La pétasse ne perd jamais les pédales en toute circonstance et moi j’adore.

La pétasse s’occupe bien de sa fille, n’hésite pas à la protéger en cas de panique et lui achète des fraises tagada pour le repas. Elle arrive toujours en retard pour la récupérer et quand elle se rend compte que la petite va lui ressembler, elle adore et est tout émue.

Au boulot c’est la bonne copine qui n’hésite pas à conseiller à sa manière, la collègue qui va peut-être se marier. Entre nous, des avis de cette sorte, je lui laisse. Je me demande parfois comment, personne ne la remet à sa place. En fait, elle provoque l’admiration. Quel comble ! Et ça me fait rire. Alors que j’en suis certaine, je la fuirais comme la peste.

La pétasse, Ô surprise, sait tenir sa langue quand elle le juge nécessaire, ça peut servir pour exercer un chantage.

La pétasse a toujours une vraie amie qui est pire qu’elle ou presque et qui rapplique au moindre appel.

Et puis la pétasse a un cœur. Il bat, il éprouve des sentiments et là…
Je vous l’ai déjà dit, au supermarché, elle se gare sur les places handicapées…

N’hésitez pas, « Journal d’une pétasse au volant » à embarquer sur la plage, à la campagne, à la montagne. À lire en attendant votre enfant devant l’école, ou avant de faire vos courses… ouvrez l’œil, une pétasse peut en cacher une autre…



lundi 22 juin 2020

ZOE BRISBY - Le syndrome de l'hippocampe



Résumé

Le syndrome de l’hippocampe est la recherche du père parfait.
Plusieurs critères doivent être réunis : esthétique, génétique, social… Sans oublier le critère le plus variable : le charme. La somme de tous ces facteurs crée alors le parfait hippocampe.
Lorsque, à 35 ans, Brune se rend compte que la rencontre tant espérée ne se fera pas, elle décide de bouleverser l’ordre naturel des choses et de faire un enfant… toute seule.
Accompagnée de sa meilleure amie Justine, militante végane ayant plus d’un tour dans son sac, elle part au Danemark dans une clinique choisir sur catalogue celui qui pourrait lui convenir.
Avec la complicité de Gunnar, capitaine Haddock danois à l’accent belge, elle commencera sa quête du donneur idéal. L’hippocampe qui transformera le rêve de Brune en bébé.

Mon avis

Brune est blonde !
Quel plaisir de retrouver la plume de ZOE BRISBY. Vous rendez-vous compte ami lecteur, Brune, l’héroïne n’est même pas châtain !
Le ton est donné et je suis ravie.

Tout au long du livre, je la suis avec bonheur et vis avec elle. Elle est en quête d’enfant et son parcours n’est pas banal. Entre rires et émotions, je découvre une plume qui n’a pas changé.

L’amitié est plus que toujours au rendez-vous avec Justine qui ne lâchera rien et qui accompagnera Brune jusqu’au bout.
Quelle n’est pas ma surprise au détour d’une page, de retrouver aussi celle qui m’a tant fait rire avec ses phrases bien à elle. D’ailleurs, je salue le talent de l’auteur et je me demande si au quotidien, Zoé BRISBY est du même acabit. J’adore le style de cet auteur qui les transforme, tout en en gardant le sens. Quel super exercice !

Que de beaux et attachants personnages dans ce roman. Gunnar, le capitaine Haddock avec l’accent belge ne vous laissera pas indifférent et vous fera sourire avec sa manière de s’exprimer. J’ai entendu la Belgique, je vous l’assure.
Je découvre aussi un pays au taux de pauvreté assez faible, alors quand Justine qui fait dans l’humanitaire, souhaite intégrer une mission dans son voyage, elle se rend compte que « Le Danemark était vraiment l’enfer des humanitaires motivés ».

Une réflexion sur la confiance en soi sur la maternité à la sauce ZOE BRISBY « Si la confiance en soi se mesurait à la quantité d’enfants, les mères de famille nombreuse seraient considérées comme des canons et Jennifer ANISTON comme un boudin ! ».

Une femme dans l’air du temps avec un vlog qui indique comment fonctionnent les réseaux sociaux.

Je pique une phrase au fil des pages que j’ai beaucoup aimée « … Le passé est un héritage, le présent un cadeau et l’avenir une surprise ».

Un roman truffé de bons sentiments, plein de peps, vitaminé à souhait, qui met à l’honneur les femmes, leur envie de bébés et le pourquoi, leur remise en question.

Un coup de cœur. Merci ZOE BRISBY d’avoir su garder intacte ta plume, parce que je te lis depuis la solitude du gilet jaune et ton humour est resté le même.

Juste un zest de « À quand la suite » parce que pour moi, il y en a une, forcément !




lundi 8 juin 2020

Aurélie Valognes - Né sous une bonne étoile



Résumé

À l’école, il y a les bons élèves… et il y a Gustave.
 
Depuis son radiateur au fond de la classe, ce jeune rêveur observe les oiseaux dans la cour, ou scrute les aiguilles de la pendule qui prennent un malin plaisir à ralentir. Le garçon aimerait rapporter des bonnes notes à sa mère, malheureusement ce sont surtout les convocations du directeur qu’il collectionne.
Pourtant, Gustave est travailleur. Il passe plus de temps sur ses devoirs que la plupart de ses camarades, mais contrairement à eux ou à Joséphine, sa grande sœur pimbêche et première de classe, les leçons ne rentrent pas.  Pire, certains professeurs commencent à le prendre en grippe et à le croire fainéant.
À force d’entendre qu’il est un cancre, Gustave finit par s’en convaincre, sans imaginer qu’une rencontre peut changer le cours des choses.
 
Parfois, il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule du bon côté…

Mon avis

Quand je vois un « nouveau » Aurélie Valognes, je prends, je ne lis même pas le résumé, je suis certaine que ça va me plaire.

Quand j’ai découvert la 4e de couverture, je me suis dit que j’allais avoir mal. Je ne me suis pas trompée.

Ce livre est douloureux. Écrit avec beaucoup d’émotions et de sensibilité, j’ai vécu avec Gustave toutes ces misères qui lui sont tombées dessus.
J’ai ressenti sa peine, sa rage, sa colère, son incompréhension. Sans cesse, je répétais que ce n’était pas juste. À chaque fois qu’il se relevait avec peine, on l’écrasait à nouveau.

Je tire mon chapeau à la pugnacité de Noémie, sa maman, qui a tenu bon malgré sa peine et sa solitude. J’ai admiré le courage de Gustave qui, à 11 ans, a su passer par-dessus les brimades, et sa douleur quand il a l’impression d’être un poids pour elle.

Je souris devant Joséphine, sa sœur, à l’opposé de son petit frère. Elle ne le sait pas, elle ne l’avouera jamais, mais elle a un cœur gros comme ça et malgré son sale caractère, elle a réussi à me faire rire et à se faire aimer.

Et que penser de Mademoiselle Bergamote… un professeur exemplaire qui parvient à trouver le chemin pour aider Gustave. Elle m’a arraché des larmes. Le saviez-vous ? La bergamote guérit les plaies superficielles et permet de faciliter les maux de ventre… Gustave a toujours eu la boule au ventre quand il partait à l’école…

J’ai été très en colère envers le principal et je me suis revue lycéenne et je me suis dit que décidément rien ne changeait.

Et puis la fin… Je suis restée scotchée ! Jamais je ne l’aurais imaginée ainsi. Une fois de plus, Aurélie Valognes a su trouver le mot juste pour raconter l’histoire de Gustave qui un jour avait écrit « Quand je serais grand, je serais heureux ».

Un vrai bonheur ! Alors que le premier sentiment qui m’est venu à l’esprit, c’est douloureux ! Oui, ce livre fait mal, mais c’est fait pour ! Il est temps d’ouvrir les yeux. Moi, ça faisait longtemps qu’ils étaient ouverts… Fort heureusement des Melle Bergamote, il y en a partout, un peu acides, un peu vertes, un peu amères, mais bien présentes.




samedi 6 juin 2020

Florence Roche - Les parfums d'Iris



Résumé

Iris a – presque – suivi à la lettre les ultimes recommandations de son père, Hippolyte : " Si je meurs, pars de cette ville. Pars très loin, et n'approche jamais la famille Dorian. " Peu après la visite de la richissime Marie-Claire Dorian avec laquelle il s'est violemment disputé, le paisible apothicaire et parfumeur est retrouvé assassiné. Dans une valise que le défunt avait cachée à son intention, Iris trouve de faux papiers, et des cahiers avec des formules de parfum. Sous une nouvelle identité, la jeune femme quitte le petit port breton pour Aix-en-Provence, où elle s'inscrit dans une célèbre école de parfumerie. Ses premières créations, inspirées des formules d'un carnet d'Hippolyte, remportent un vif succès. Son père avait un talent de génie... Mais Iris n'a jamais vraiment rien su de lui, de sa famille, Hippolyte ayant tiré un trait sur son passé. Lors de son apprentissage, elle rencontre Armand, issu de la prestigieuse lignée de parfumeurs Dorian. Son charme, sa prestance opèrent sur elle immédiatement. Elle accepte bientôt de travailler dans les laboratoires de la firme à Grasse. Mais elle ne peut révéler ses véritables motivations : son amour pour Armand, sa volonté de connaître la famille d'Hippolyte. Et celle de retrouver son assassin.

Mon avis

« Iris avait marché jusqu’au bout de la jetée… Elle venait souvent ici rencontrer l’océan, accueillir son souffle, son humidité salée, ses odeurs. »

Comment voulez-vous qu’avec une introduction pareille, je ne sois pas aussitôt happée par l’histoire ?
Je remarque tout de suite les mots « humidité salée, odeurs », je suis plongée illico dans l’univers d’Iris et de ses parfums.

Cette histoire dégage immédiatement une fragrance sucrée que j'apprécie.

Iris, quel joli nom pour un « nez ». Savant clin d’œil que je relève aussitôt.

Quand Hippolyte, son père, disparait, elle comprend qu’il avait tout prévu pour la mettre à l’abri. Commence alors pour elle une quête.
Qui était - il ? Pourquoi n’a-t-il jamais voulu qu’elle connaisse sa famille ? Pourquoi se méfier des Dorian ?

J’aime beaucoup l’écriture fluide et vraie de Florence Roche. Je tourne les pages avec délice, envoûtée par les parfums de suspense, de romance, d’inquiétude, de jalousie. Oui, c’est tout ce mélange subtil qui se dégage de ce roman et qui fait mon bonheur.  

Découvrir le pourquoi son père la tenait à l'écart de sa famille pour Iris n’est pas chose aisée, mais elle avance. Au fur et à mesure de ses recherches, elle trouve des indices qui pourraient la mettre en danger. Remuer le passé fait parfois remonter des atrocités qu'elle redoute et surgir des évènements qu'elle ignorait sur le parfumeur. Elle ne doit pas oublier qu'Hippolyte a été lâchement assassiné. Sur fond historique de seconde guerre mondiale, Florence Roche déploie son talent de conteur autant sur cette période que sur les parfums de la famille Dorian.

Je suis entourée de senteurs que créent Iris comme Douce Pluie ou Lune, un vrai délice.  

Des personnages hauts en couleur se démarquent également, Armand Dorian en tête bien sûr, l’homme dont elle ne doit absolument pas tomber amoureuse et Marie-Claire Dorian sa mère, et d’autres qui jalonnent le roman et peu à peu reconstruisent le puzzle de la vie d'Hippolyte et par là même celle d’Iris.

Beaucoup de sentiments se mêlent aux effluves de l’histoire et je dirais que la fin est un bouquet surprenant, mais délicieux.