lundi 20 janvier 2020

Albert Ducloz - Le vélo rouge



Résumé

Depuis son premier baiser échangé avec Marie-Claire, la fille des boulangers du village, Rémi sait qu'elle est la femme de sa vie. Elle lui a dit oui et, quand il aura terminé son service militaire, ils se marieront. Pourtant, au fil des semaines, Rémi a le sentiment que sa promise s'éloigne de lui et lui cache quelque chose. Pourquoi Marie-Claire a-t-elle un comportement si étrange ? Alors qu'un soir de fête la jeune fille lui fait faux bond, Rémi croise Marlène et lui propose de l'accompagner... Et si Rémi s'était trompé sur celle qui va partager sa vie ?
À quel jeu joue-t-elle ?
Je te demande pardon pour tout ce que je t'ai fait endurer ; mais je suis ainsi. Je t'aime, mais en même temps j'ai peur.
- Peur de quoi ?

- Peur de ne pas être à la hauteur, peur de te rendre malheureux.

- Malheureux ? Mais je t'aime à la folie ! C'est toi qui seras mon épouse, et nulle autre.

- Tu vas me répondre que je suis folle, que j'ignore ce que je veux, mais il me semble que tu devrais épouser Marlène.

- Quoi ?

Mon avis

Un coup de cœur. 228 pages lues avec un plaisir à chaque ligne. J’ai tout aimé parce que l’écriture d’Albert Ducloz m’a plongée dans un monde que je connais bien et où je m’y suis vue et reconnue.

Les pique-niques avec la nappe à carreaux et le panier, les repas familiaux, les enfants qui vont chez leurs grands-parents à tour de rôle parce qu’il faut bien partager, et puis en toile de fond, le vélo avec sa course, son entrainement, le plat du sportif ont fait que j’ai dévoré l’histoire de Rémi avec une joie indescriptible.

J’ai vu grandir le héros, tomber amoureux, créer sa tribu et toujours être vrai. Pas de faux-semblants dans cette histoire, c’est ce que j’ai beaucoup apprécié. Tout sonne juste, le bonheur comme le malheur. La famille est présente partout avec les liens resserrés à chaque coup dur, un bijou ce livre que j’ai choisi sur le résumé. Je remercie sincèrement l’auteur et les Éditions de Borée de m’avoir permis de le découvrir en service presse.
J’ai vécu avec Rémi et son entourage tout ce qui lui est arrivé. J’ai aimé les repas à la ferme, les relations avec son père, sa mère puis avec ses beaux-parents, avec les amis. Le travail entre collègues, la solidarité. Puis, les paysages, la pêche. Tout sonne vrai, même le malheur qui me surprend au détour d’un virage, d’une sortie, et je n’ai pu retenir mes larmes.

En commençant l’histoire, je m’en faisais une légère idée. Bien mal m’en a pris, rien de ce que j’avais imaginé ne s’est passé. Rémi, le héros, tombe amoureux de Marie-Claire et ils se promettent le mariage. Les familles se rencontrent et tout va pour le mieux. Et puis la vie fait que… La vie quoi !
Le bonheur ne peut pas plaire à tout le monde, et attise forcément la jalousie.

Il est surprenant ce titre. Le vélo rouge. Il s’en passe des choses autour de cette bicyclette, à chaque tour de pédale, à chaque grimpée et à chaque respiration. Je vous laisse le soin de le découvrir et je le répète, un coup de cœur à consommer sans modération pas comme « le Saint-Pourçain rouge, rosé ou blanc suivant vos goûts » qui vous attend amis lecteurs…



lundi 13 janvier 2020

Angie le Gac - Une bague, une boîte et de l'espoir...



Résumé

Tabitha, une fillette de dix ans, vit dans les sous-sols d'une gare avec d'autres survivants du Gros Truc, un bouleversement mondial. Un jour, pour honorer la promesse de ramener Husky, un rat animal de compagnie à sa vieille amie, elle est contrainte de quitter la gare et se retrouve perdue à l'extérieur. Sa rencontre avec les Sauvages va bouleverser sa vision du monde et redonner des couleurs à son monde.

Mon avis

Cette petite histoire qui ne compte que 125 pages, s’adresse à nous les adultes, puis à vous les jeunes adolescents.

J’avoue avoir été un peu déroutée par la police choisie qui ressemble à celle d’une vieille machine à écrire comme si elle avait été retrouvée comme ça par hasard, et qu’elle aurait servi à l’auteur pour taper son texte. J’aime bien cette image d’ailleurs. Puis les illustrations qui sont parsemées ici et là au fil des pages, comme un rappel de ce qui était. Mais finalement, je me suis laissée happée par l’histoire de Tabitha.

« Le gros truc » a tout détruit, la terre, la nature, il ne reste rien. La faute à qui d’après vous ?
Alors, les survivants se cachent dans les mines, les sous-terrains. Il y a donc le monde d’avant et celui d’après. Mais la grand-mère de Tabitha lui a bien raconté qu’autrefois, il y avait quatre saisons, des fleurs, le soleil… et la petite fille aimerait bien savoir si c’est vrai. Sa Nani l’ayant quittée, elle reste seule avec une boîte.

Comme tous les enfants, Tabitha est curieuse et suite à une poursuite de rat de compagnie, elle va pousser une porte qui la conduit… dehors… Oui, sur la terre et non plus dessous. Elle respire.

Là, je ris, car je retrouve ce que racontent les gens qui distillent une rumeur. Quand on ne sait pas, on invente n’importe quoi. Et je souris, c’est frais, c’est beau. Tabitha rencontre Jan, After, Vickie et Hope. Elle reste pourtant sur la défensive parce qu’elle s’imagine des tas de choses, on lui en a tant dit sur ceux d’en haut. De même, ses nouveaux amis comme des enfants qu’ils sont, la craignent et si…
Mais l’entraide et la gentillesse sont partout et ça, j’apprécie.

Noël approche et Tabitha va recevoir des présents, alors qu’elle, elle n’a rien à leur offrir. Si, sa boîte, qu’elle n’arrive pas ouvrir.
Mais ce n’est pas grave, sur terre, les bonnes idées fleurissent, et Tony le maréchal-ferrant parvient à débloquer la serrure… Que va -t-il trouver à votre avis ? Qu’avait bien pu mettre dans cette boîte la grand-mère de Tabitha ? Quel formidable cadeau !

Que de jolis sentiments dans cette histoire qui ressemble à un conte de Noël. Mais lisez bien entre les lignes, il y a quand même de nombreux messages qui font réfléchir. La chute est merveilleuse et je salue le talent d’Angie Le Gac et sa plume hyper sensible, que j’ai toujours plaisir à découvrir.




mercredi 8 janvier 2020

Alain Lebrun - La Fille de Fresselines



Résumé

Dans un village perdu au pied d'une colline, une carrière d'extraction de bauxite a fermé ses portes en raison des nombreux éboulements qui s'y produisaient. Un certain Emile Delagarde fait naître une légende selon laquelle ces méfaits seraient dus à la présence, sur les lieux, d'une duchesse vieille de 300 ans. La population a d'ailleurs aperçu la créature à diverses reprises ! Delagarde organise alors une battue qui va mettre fin à son existence.
L'homme est en fait commandité par la société qui détient la carrière et va ainsi pouvoir reprendre son exploitation. La créature, ayant été vue, est Hélène de La Frênaie ; elle a fui sa famille afin d'échapper au couvent. Grâce à un berger, elle est sauvée du complot ; elle va ensuite se lier d'amour avec lui. L'enfant, née de cette idylle dans le plus grand secret, devient très vite orpheline. Elevée par sa tante à Fresselines, elle possède dans ses gênes la rage de sortir de la misère dans laquelle elle vit et, aux prix de manigances, va retrouver une place honorable dans la famille de sa mère.

Mon avis

Immédiatement, je suis plongée dans une atmosphère lourde. Un patriarche inflexible accroché à ses idées, un château, j’aime.

Je découvre cet auteur Alain Lebrun, rencontré lors du Salon du livre à Brive, mais j’avais déjà reçu son roman parce que le résumé m’avait interpellé. Je ne m’attendais pas du tout à une histoire de cet acabit.

Hélène de la Frênaie qui a eu le courage de quitter sa famille pour ne pas terminer au couvent, tombe amoureuse d’un berger. Ils ont une fille et leur amour fait plaisir à voir. Malheureusement, la jeune femme va mourir et son mari perdu sans elle, ne lui survivra pas.
Jusqu’ici tout va bien, même si de vieilles légendes sont assez perturbantes pour les paysans du coin.

Ne vous méprenez pas, ce livre est très bien écrit, je l’ai beaucoup aimé, parce qu’il dégage des sentiments forts. Mais, l’héroïne, cette fille de Fresselines m’horripile au plus point. Elle ne respecte rien. Elle devine qu’elle vient d’une famille noble et refuse de vivre dans la misère. Elle fera tout pour en sortir, piétinant au passage tous ces gens qui pourraient l’aimer et qui l’aiment comme sa grand-mère. Elle s’appelle Isaure, elle sait lire, elle a pris le temps d’apprendre au grand dam de sa tante qui ne la comprend pas. Recueillie par elle, parce qu’elle ne pouvait faire autrement étant la fille de son frère, elle n’hésitera pas à vouloir la placer au château.
C’est sans compter sur l’aplomb d’Isaure qui ne reculera devant rien pour arriver à ses fins, c’est-à-dire rencontrer la comtesse. Elle y parviendra et fera en sorte qu’une soirée ait lieu. Elle en sera l’instigatrice et veillera à ce que tout se déroule parfaitement. Elle jubilera quand on l’appellera mademoiselle, et que les hommes de bonne famille la regarderont avec convoitise. Extrait « Ainsi, dès le lendemain matin, Isaure traversait la cour d’honneur, emprunta la route bordée de prairies et entra eu bureau de poste. Elle fut flattée que l’employée l’appelât Mademoiselle, qu’un jeune homme semblant être de bonne famille la dévisageât avec convoitise et qu’un vieux monsieur la saluât en ôtant sa casquette ».

Je suis subjuguée par son aplomb et je me demande comment se fait-il qu’elle mette dans sa poche tout le monde sans que personne ne s’aperçoive de rien. Elle traite les domestiques dont elle faisait partie comme des moins que rien et n’hésiterait pas à les faire congédier. C’est la méchanceté incarnée.

Adhémar, le pauvre garçon amoureux d’elle depuis l’enfance ne verra jamais qui elle est vraiment, il y abandonnera son cœur. L’adage l’amour est aveugle prend ici tout son sens et je grince des dents.

Jusqu’à la fin, j’ai pensé qu’Isaure allait avoir un sursaut de gentillesse, car ses parents tout de même étaient des gens bien… Hélas… J’avoue la chute me laisse pantoise !

Je félicite l’auteur qui a réussi à faire de son héroïne une personne que je n’aimerais pas fréquenter au quotidien. Jusqu’au bout, il a maintenu le cap, cette Isaure restera pour le reste de sa vie une femme imbue d’
elle-même et si le but était qu’elle ne soit aimée de personne, le but est atteint.

J’en ai oublié les décors, l’atmosphère, les paysages sublimes à souhait, les bavardages des paysans craquants et tellement bien représentés. Quand je vous dis que cette Isaure est une sorcière à sa manière pour manipuler les gens, c’est la vérité, elle m’a complètement subjuguée par son aplomb à parvenir à ses fins.

Je suis curieuse de savoir si l’auteur pensait à quelqu’un en particulier en écrivant ces mots…



lundi 6 janvier 2020

Lielie SELLIER - Villa Eugénie



Résumé

Sur les hauteurs d’une île méconnue, presque secrète, se dresse, flamboyante et envoutante la Villa Eugénie. Refuge des cœurs et des âmes, ce havre de paix, réconfortant dans la tourmente, apaisant dans la douleur, étourdissant dans la joie, sera le royaume de mille et une vies. Entre ses murs, témoins de tant de bonheurs et de malheurs, cohabitent les vivants et les disparus. Leurs histoires s’entremêlent au fil des pages, au fil des années. Des époques, des caractères, des destins si différents, mais pour tous, une envie farouche de défendre les opprimés, un besoin presque viscéral de venir en aide, aux autres, hommes ou animaux et la volonté de faire de notre planète, un lieu de vie plus pur.

Mon avis

Je retrouve avec bonheur toute la sensibilité de l’auteur Lielie Sellier.

C’est l’histoire d’une maison, la villa Eugénie, et qu’est-ce que je m’y suis sentie bien dans cette bâtisse.
Pourtant, elle commence mal… mais je suis immédiatement envoûtée par l’esprit de cette maison. Une atmosphère sereine flotte dans ce livre du début à la fin, alors que la vie est loin d’être rose.

J’aime beaucoup les chapitres appelés par les prénoms des héros. J’apprécie énormément les échanges entre les vivants et les personnes disparues. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas une histoire paranormale, mais bien un lien qui se tisse entre la vie et la mort, entre la présence et l'absence, qui finalement n’est juste qu’un passage de l’autre côté du rivage. Il est délicatement et subtilement distillé.

L’héroïne de ce roman est une villa. Mais elle porte le nom d’une dame, « Eugénie » qui est une femme merveilleuse et qui fait de bien belles choses, même si elle est éprouvée comme tout le monde. Cette manière d’appréhender son existence avec ses maux, ses peurs, me laisse rêveuse.
Eugénie est partout même quand elle n’est plus ! Son âme est omniprésente et se fait ressentir aux personnes qui sont capables de la percevoir. Là aussi, je suis subjuguée.

Des êtres se croisent, se trouvent, s’adorent… D’ailleurs, cette histoire est riche d’amours et de bons sentiments même dans la douleur. Quel exploit d’avoir réussi à transformer de la tristesse en apaisement. Je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur est passé par ces chemins…

Comme le dit le résumé, cette maison est envoûtante. Moi, je suggérerais que c’est l’écriture de Lielie Sellier qui l’est. J’ai été littéralement ensorcelée par cette bâtisse, immense, qui peut accueillir toutes sortes de personnes sans que personne soit gêné.

Ajoutez à cela que les différents protagonistes défendent de bonnes causes et vous serez complètement sous le charme. Oui, je le répète, il y a énormément d’amour dans ce livre et ça fait du bien.

Prêts pour un séjour à la Villa Eugénie, et qui sait, vous aurez peut-être la chance de la rencontrer, et surtout n’ayez pas peur.


jeudi 12 décembre 2019

Isabelle BERGI - Pavillon 17



Résumé

Dans ce quartier pavillonnaire de la région Nantaise, la vie est bien tranquille et les histoires se font rares. Cependant, une nuit de Novembre, plusieurs maisonnées sont réveillées par un interlocuteur qui les met en garde contre les Leverger, une famille discrète récemment installée dans le quartier. Glaciales vérités ou odieuses calomnies ? La voix au téléphone dénonce des faits malveillants, voire abominables. Pour Madame Mirange c'est décidé ! Elle ira jusqu'au bout pour connaître la vérité.

Mon avis
C’est le deuxième livre que je lis de cet auteur et je suis agréablement surprise. En effet, la plume a pris de l’assurance et c’est avec plaisir que je me plonge dans cette enquête policière  menée par une Madame Mirange qui veut absolument connaitre la vérité.
Tout commence par un coup de fil et alors s’enchainent les situations vues et ressenties par les différents protagonistes. Le décor est bien planté et je suis rapidement happée par l’histoire de ce mystérieux coup de téléphone.
J’aime beaucoup la manière qu’a Isabelle Bergi de nous immerger immédiatement dans l’atmosphère d’un quartier. J’ai l’impression de me retrouver dans l’ambiance des desperate housewives où tout le monde se connait sans vraiment se connaître. La curiosité des voisins est largement retranscrite ici et ça me fait sourire, car sans vouloir savoir la vérité, tout le monde a bien envie d'être au courant. Les langues vont bon train, et chacun raconte à sa manière ce qu’il pense.
Pourtant, l’ensemble reste assez guindé, car l’auteur nous met du Madame Mirange, madame Mareuil, Mr et Madame Chanvret, pour ponctuer ses dialogues et ça me plait bien. Les rencontres autour d’un café et d’une tarte tournent plus ou moins court, à cause des différents caractères qui se heurtent. Pas d’amitié dans ces rencontres entre voisins, juste une curiosité un peu malsaine au début.
Ce qui me fait rire, c’est qu’il ressort de toute cette histoire, que les hommes se veulent assez discrets et que c’est les femmes qui papotent et racontent et agissent. Seraient-elles de vraies commères, des concierges ? La gent masculine est beaucoup plus réservée et ne cesse de répéter que ça ne la regarde pas et que si ça dégénère, elles l’auront bien cherché.
J’admire la pugnacité de Madame Mirange qui ira jusqu’au bout de son enquête, contre parfois l’avis de son mari.
Quand la vérité éclatera, je reconnais bien là, la réaction des différentes familles qui trouvent tout à coup que leurs voisins dénigrés ne sont pas si mal que ça.
Il y a toutefois de beaux sentiments et je me suis laissée émouvoir.
Je vous invite à découvrir l’histoire de ce mystérieux pavillon 17. Mais que s’y passe-t-il donc à l’intérieur ? Méfiez-vous des coups de téléphone, on ne sait jamais, qui est au bout du fil.


lundi 25 novembre 2019

Théo Lemattre - Prêts à tout


Résumé

On a beau courir après l'amour, il se trouve souvent plus près qu'on ne le pense...Pria enchaîne les déceptions amoureuses, et ce, depuis toujours. À chaque fois qu'elle pense avoir trouvé le bon, le sort s'acharne sur elle...Pourquoi son nouveau patron, le multimillionnaire Wendall Winslow, intransigeant avec les autres, est-il aussi doux et affectueux avec elle ?Que cache Valentin, son ami d'enfance devenu avocat qu'elle n'a pas revu depuis des années ?Une soirée pour fêter son nouvel emploi, quelques verres et tout peut basculer...En quelques jours, Pria va laisser ressurgir en elle des passions enfouies, des flammes qu'elle croyait éteintes et se laisser dévorer par le passé. Prêts à tout, c'est une comédie romantique pleine de rebondissements, de légèreté et d'amour. Un bon vent de fraîcheur pour cet été !

Mon avis

Théo Lemattre est un tout auteur né en 1997. Son écriture est à son image : jeune, dynamique, spontanée, dans la couleur du temps et c’est un régal.

Dans le résumé, il est indiqué que c’est un bon vent de fraîcheur pour l’été. Je pense que c’est à lire toute l’année pour se refaire le moral, pour passer un agréable moment. D’ailleurs, c’est ce que l’auteur conseille dans ses remerciements : « Un livre, c’est un ami, c’est un petit être qui vous donne le sourire dans les moments où vous en avez le plus besoin. … J’ai essayé de vous offrir cet ami qui parfois me manque dans les moments de solitude… »

C’est une romance qui demande une suite. Je suis restée sur ma faim en découvrant les derniers mots. Pria est attachante et je la vois évoluer au fil de ma lecture.
Dotée d’une mère à qui j’avoue avoir envie de lui dire de se mêler de ses affaires, elle assure quand elle décide de ne plus se laisser faire.

Le vocabulaire est actuel, l’histoire est sympathique, Théo Lemattre m’embarque dans son univers sans difficulté. La romance, le feel good, je connais, et j’aime bien. Mais justement, à force d’en lire et relire, je deviens de plus en plus exigeante et je recherche le petit plus qui va me faire penser que ce livre n’est pas comme les autres.
Alors ce petit plus, c’est qu’il est écrit par un auteur jeune qui parle « d’jeune », dont les dialogues sonnent justes pour des jeunes et ça fait du bien. J’ai trouvé qu’il ne trichait pas quand il écrivait. Langage SMS, des ouais au lieu de oui, emploi de la thune au lieu d’argent, « Tu peux être franche, je m’en cogne… » de la part d’un grand patron m’a fait sourire. Pria qui se prépare pour l’entretien d’embauche, m’a rappelé quelques souvenirs, le coup d’oeil assassin de l’hôtesse à l’accueil qui voit arriver une potentielle rivale aussi. Je le répète, du vécu ou tout au moins un regard perçant qui sait analyser les situations.

Évidemment, l’histoire n’est pas nouvelle. Pria retrouve un ami d’enfance dont elle était amoureuse. Job tout neuf, jeune patron, et… Surprise !
Je vous laisse en leur compagnie, vous passerez un moment agréable. À quand la suite ? Parce que la fin quand même…


jeudi 14 novembre 2019

Gérard Georges - La Perle de l'Est



Résumé

Hiver 1996 en Auvergne. Hiver particulièrement rude, avec un enneigement considérable. Marcellin Latour, la soixantaine, veuf et ancien professeur de Lettres, homme bourru, un peu réac, vit dans une maison à l’orée d’un bois, dans la montagne. En ce matin de novembre, le téléphone sonne : c’est la gendarmerie de Saint-Pierre-sur-Dorette. Une jeune femme, originaire d’Europe de l’Est, est recherchée. Elle aurait été aperçue aux abords de la maison de Marcellin. Celui-ci apprend qu’elle est polonaise et la découvre réfugiée dans sa grange. Quel choc ! Comme cette jeune femme prénommée Maryla, ressemble à son épouse Mariette, décédée il y a une vingtaine d’années ! Un dilemme se pose alors à Marcellin : quelle décision doit-il prendre, sachant qu’elle est activement recherchée par la gendarmerie ? Et, d’ailleurs, pourquoi est-elle recherchée ? Qu’a-t-elle commis de tellement répréhensible ? La clé de ces interrogations se trouve peut-être en Pologne dans un passé un peu trouble de Maryla et ce ceux qui gravitaient autour d’elle au cours de ces derniers mois. Mais cette histoire va aussi montrer la passion inavouée (et peut-être inavouable) d’un homme qui entre dans la vieillesse pour une jeune femme étrangère que tout le monde semble rejeter.

Mon avis

C’est la première fois que je rencontre l’auteur avant de chroniquer son livre. J’en avais terminé la lecture et je l’avais en tête. Je mets donc un visage sur celui qui a écrit l’histoire de Marcellin Latour et de Maryla et c’est émouvant. Gérard Georges est fort sympathique et il en est presque émouvant de défendre ainsi son histoire. Quand je lui dis que j’ai aimé son histoire et que je vais lui transmettre mon retour de lecture, il me regarde et me dit un simple « Merci » et tout est dit.

Marcellin Latour n’est pas Gérard Georges, il n’a rien de l’homme bourru décrit dans le roman. Et pourtant… Je retrouve en lui, surtout dans ses yeux, toute la gentillesse qu’il a pour la jeune Polonaise découverte dans sa grange.

La neige est omniprésente et rend l’atmosphère ouatée, et vous entendez presque les pas crisser quand Marcellin sort avec son chien. Vous l’avez compris, je suis immédiatement immergée dans l’ambiance.

J’aime beaucoup les détails qu’observent Marcellin :
« … Malgré ses énormes doigts boudinés, il montrait une certaine délicatesse à saisir le papier Job et à y déposer une pincée de gris avant d’égaliser les fibres de tabac dans le petit cylindre… »

Marcellin est un râleur et j’apprécie le ton qu’il emploie. Il a neigé, il n’a donc pas son journal :
« M’ouais, faudra donc vivre sans les informations du jour… ».

Maryla ressemble étrangement à son épouse disparue de l’ancien professeur. Elle l’émeut profondément surtout lorsqu’il lui prête ses vêtements.
Les sentiments qu’il éprouve pour elle le dérangent et le surprennent. Il pense ne pas avoir le droit d’aimer une belle femme si jeune. Il pourrait même y laisser sa santé. Ce n’est plus de son âge de se faire ainsi du souci…

L’histoire de Maryla qu’elle raconte peu à peu à celui qui l’a recueillie et à qui elle fait confiance est émouvante, et somme toute assez banale. Sur fond de politique polonaise, elle découvre des secrets inavouables qu’elle n’imagine pourtant pas dévoiler, et bien mal lui en prend. Elle se trouve bien malgré elle entraînée… ses doutes et ses rancœurs la poursuivront irrémédiablement. Elle aimera un homme et replongera dans un engrenage qui lui rappellera son père… son passé la rattrapera toujours.

Mais qui va la croire ? Osera-t-elle aller se dénoncer et risquer de perdre l’amitié de Marcellin qui jamais ne la jugera ? Mais est-ce vraiment de l’amitié qu’elle ressent pour l’ancien professeur bourru qui n’a pas hésité une seule seconde à rompre son petit train-train quotidien ? Est-il possible de tomber amoureux ? Et lui ne craindra-t-il pas le qu’en-dira-t-on ?

De jolis sentiments parsèment les pages de « La perle de l’Est » notamment avec la chienne omniprésente, l’amitié aussi et l’entraide inattendue entre voisins. La Germaine, figure emblématique du café du village est sincère. Les policiers me font penser à de vieux grincheux obligés de faire leur travail, alors qu’ils préféreraient siroter leur verre tranquillement. Et bien sûr, la jalousie, l’envie.

Merci Gérard Georges pour cette belle histoire qui pour moi est comme son nom l’indique une perle, tour à tour de plaisir, d’émotions et de sourires.