jeudi 8 août 2019

Laurence Martin - Nouvelles voies



Résumé

Pour quelles raisons partiriez-vous ?
Quelle autre vie ? Quelles nouvelles voies ?
Vous décideriez-vous dans l’heure ou prendriez-vous votre temps ?
Voici le récit de départs irréfléchis ou orchestrés, volontaires, subis ou rêvés… définitifs, libérateurs.
Au travers de ces dix nouvelles, l’auteure vous invite à suivre des personnages en quête d’un autre destin.

Mon avis


Tout d’abord, j’adore la couverture. Ce vert, couleur d’espérance, qui tranche sur le gris, correspond tout à fait aux nouvelles de Laurence Martin. Je salue l’illustrateur qui a su capter l’essentiel. L’espérance, mais aussi l’amour qui est partout, sous différentes formes.

J’ai découvert l’auteure avec « L’eau de Rose », un livre formidablement écrit avec une telle sensibilité que je me demandais si j’allais retrouver ici la même chose.

Dix nouvelles se succèdent et je suis submergée par l’émotion immédiatement. Comment Laurence Martin a-t-elle pu réussir ce tour de force de m’émouvoir à chaque page, à chaque histoire. J’ai une préférée, une qui se dégage du lot, une qui me fait chavirer, une qui me fait pleurer, me fait gonfler le cœur vous savez quand vous avez du mal à respirer, c’est Oscar.
Dans l’écriture de chaque nouvelle, de chaque départ, je sens une grande souffrance comme si Laurence Martin rendait ses comptes les uns après les autres et se lavait de toute cette tristesse. Le vocabulaire employé que ce soit dans Oscar, ou les colonies, sonne vrai et me plonge dans des temps anciens.

Ma chance, Six mois, Toi seule sais, et Double-crème sont des hymnes à l’amour et je suis touchée à un point que je salue l’auteure qui a su écouter et regarder la vie avec les yeux de l’amour. Les mots sonnent juste et vous, moi, nous retrouvons dans la peine des protagonistes parce qu’un jour nous l’avons vécue.

Au-delà et Il faut que je te laisse, sont des départs difficiles, mais très optimistes finalement. Quant à l’amour propre, j’aime beaucoup le sens qu’on peut donner à cette expression, comme si l’amour pouvait être sale. Vous comprendrez en lisant l'histoire et là encore, je ne peux m’empêcher de retenir une larme.

Un très beau recueil. Laurence Martin a transformé l’essai comme diraient les amateurs de rugby. Je me souviens que l’auteure, lors d’échanges, craignait que son second livre ne soit pas aussi bon que le premier. Vous pouvez être rassurée, Laurence Martin, ce recueil de nouvelles est un bijou.



vendredi 2 août 2019

Françoise Le Gloahec - L'enfant des pins



Résumé

Dans les Landes, en 1850, la misère est accablante. Une nuit, la femme d’un paysan abandonne l’un des deux jumeaux qu’elle vient de mettre au monde. L’enfant est de constitution fragile et le couple n’a pas les moyens de l’élever.

Rongée par la culpabilité de l’abandon, elle est incapable d’aimer le fils qu’elle a choisi de garder. Estèfe grandit donc dans l’ombre de ce jumeau dont sa mère lui a dit qu’il était mort. Le peu d’affection provient de deux garçons du voisinage qui deviennent une véritable seconde famille.

Malgré cette amitié et pour échapper à son destin de paysan, Estèfe tente de refaire sa vie en Argentine, mais il reste obsédé par le mystère qui entoure la mort de son jumeau. Seul un retour dans les forêts de son enfance lui permettra de comprendre ce qui s’est réellement passé. Et à mesure que les secrets de famille refont surface, un drame se noue…

Mon avis

Dans un décor de pins des landes, l’auteure Françoise Le Gloahec nous raconte l’histoire de deux familles : Celle du comte et de la comtesse de Guibert (Bérot et Quitterie) et celle des métayers Cristoli et Jana Dubreuil étroitement liées.

Ce qui m’a interpellé dans ce roman, c’est que la haine est omniprésente. Elle s’infiltre partout et laisse derrière elle la souffrance. De nombreux non-dits aussi liés à l’époque où l’on ne s’exprimait pas facilement font que la vie est très difficile, notamment pour Estèfe, resté seul après la disparition de son jumeau.

Il se sent tellement abandonné, même pas sa sœur Maïna ne parviendra vraiment à le sauver… quoiqu’au fil des pages, cette sœur aînée peut prendre une certaine importance.

J’aime beaucoup cette histoire de familles et surtout les relations entre elles que l’auteure nous dépeint avec beaucoup de sensibilité et d’émotions. Les vies, pourtant si différentes, s’entrecroisent, se rencontrent, se déchirent et s’apprécient. Le comte fait de Cristoli son homme de confiance. Celui-ci accepte tout en essayant de rester à sa place vis-à-vis des autres paysans.
La description du travail sur les pins pour récolter la résine est admirable et tout en lisant, je sentais cette odeur si particulière de ces arbres que j’aime tant respirer.

La haine comme je l’ai dit est présente. Elle est toujours accompagnée de l’amour qui lui ressemble et également de l’amitié forte et fidèle. Entre un frère jaloux, un jumeau disparu, un amoureux éconduit, une mère en manque d'enfants et une autre malheureuse, l’amitié entre amis, l’auteure se délecte à nous faire partager les différents sentiments que nous ressentons tous à un moment de notre vie.

Pourtant, quand j’avance dans ma lecture, je me demande quand même si le bonheur va réussir à prendre sa place, à s’installer pour de bon. Il est approché maintes et maintes fois, mais à chaque fois il s’enfuit ou ne peut éclore. C’est très frustrant.

Toutefois, la fin est inéluctable, la haine encore plus présente, mais comme je l’ai entendu bien souvent, l’amour est toujours vainqueur. Mais de quelle manière ? Le chemin pour atteindre le bonheur est parsemé d’embûches et sera long. Comme disait la chanson, « il passera par ici, et repassera par-là » L’enfant des Pins c’est ça, de bout en bout.
Un très bon moment de lecture que je recommande, avec une boite de mouchoirs à proximité, j’avoue…


mardi 30 juillet 2019

Sophie Delenclos - Justine ou Juliette



Résumé

Juliette est DRH dans une entreprise de logistique le jour... et auteure érotique à succès la nuit ! Une double vie juste assez sulfureuse pour ajouter un peu de piment à son quotidien de mère divorcée, jusqu'au moment où l'entreprise qui l'emploie est revendue à un groupe américain. Un groupe dont le patron entend bien imposer sa morale puritaine, tout droit venue d'Outre-Atlantique, à l’ensemble des salariés.
Plus question de boire un verre de trop aux pots de départ et encore moins d’avoir dans ses tiroirs des écrits inavouables. Alors, quand Juliette est surprise, en pleine dédicace, par le très troublant bras droit du nouveau patron, elle ment et s'invente une sœur jumelle, auteure érotique répondant au prénom de Justine... mais ce qu'elle n'aurait pas pu prévoir, c'est que le beau Sébastien Marvel, ne semblerait pas insensible au charme de cette Justine !

Mon avis

Juliette est DRH. Sobre, toujours habillée de gris, elle maîtrise parfaitement son job et est très appréciée de ses collègues.

Qui pourrait imaginer qu’elle écrit des histoires érotiques ? Et qui aurait pu penser que ses livres plaisent ? Même pas elle. Et pourtant…

Je découvre une sœur géniale qui la briefe pour investir dans une garde-robe en accord avec l’image qu’elle va renvoyer en allant signer des dédicaces… J'admire la maman qui accepte avec le sourire ce nouveau statut et son fils qui n’en revient pas, mais qui la félicite.

Juliette est bien la seule à ne pas comprendre qu’elle peut avoir du succès. Alors quand ça arrive…elle ne sais pas quoi faire et invente au fur et à mesure. Après tout, elle sait faire. Ce n’est pas l’imagination qui lui manque. Sauf que dans la vraie vie parfois, tout ne se déroule pas comme dans les livres.

Malheureusement ou heureusement, la boîte qui l’emploie change de dirigeant et là… tout se complique et s’accélère.

Comment pouvait-elle penser qu’elle allait tomber sous le charme d’un certain Sébastien Marvel. C’en serait presque comique ! C'est un joli clin d’œil qui me fait sourire.

Je ne connaissais pas la plume de Sophie Delenclos, légère, affûtée, contemporaine et amusante.
Je ris à la lecture d’une présentation en réunion d’une nouvelle recrue :
Extrait « … Un vrai Monsieur Loyal de cirque… Et maintenant, vous vos yeux émerveillés, la fabuleuse, l’extraordinaire, la mirifique Kate Harris… »
Je sens bien là l’imagination de l’écrivain qui se met en route au moindre élément déclencheur, et c’est ce qui se passe avec Juliette, la DRH.

Je dirais que cette histoire est un Vaudeville moderne et j’ai franchement bien aimé. Même si parfois, je pensais sérieusement à la série Superman, qui n’est pas un Marvel (nouveau clin d’œil). Rappelez-vous que seules ses lunettes empêchaient sa fiancée de le reconnaitre. Ici, c’est un peu pareil, le tailleur gris remplace les besicles. Est-ce un fait exprès de la part de Sophie Delenclos ? En tout cas, moi, j’ai relevé ces petites choses qui m’ont bien plu.

J'ai passé un bon moment de lecture avec cette sympathique romance. Je regrette juste que les amoureux ne se lâchent pas davantage, ce qui serait plus en accord avec l’auteure érotique…



mercredi 24 juillet 2019

Frédérick D'ONAGLIA - Mémoires effacées



Résumé

Doué d'une intuition hors du commun, le capitaine Léo Sarlat a été misé pied par sa hiérarchie après la mort de son coéquipier lors d'une opération où lui-même a été blessé. Il profite de ce congé forcé pour rendre visite à son père qu'il n'a pas revu depuis vingt ans. A peine arrivé en Camargue, il croise Iris, une ancienne collègue de la section de recherches de Marseille, qui dirige désormais la brigade fluviale et nautique de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Un cadavre a été repêché dans les fonds protégés de Beauduc par un pêcheur braconnier. Loin de partager la méfiance de son équipe à l'égard de Léo, Iris compte bien sur les talents d'enquêteur du capitaine pour l'aider à résoudre cette affaire qui s'annonce complexe, d'autant qu'un nouveau cadavre est bientôt découvert... Un tueur en série rôderait-il sur la plage si convoitée de Beauduc, lieu de ralliement des kitsurfeurs et prisé des archéologues spécialisés en fouille subaquatique dont une équipe vient d'y installer son camp de base ?

Mon avis

J’aime beaucoup Frédérick d’Onaglia et j’ai dévoré ses livres. Ici, contrairement à ce que j’avais l’habitude de lire, je plonge dans une enquête policière. Je retrouve toujours l’ambiance familiale chère à l’auteur, mais ce côté suspense me plait bien et j’apprécie cette nouvelle facette que je ne connaissais pas et que je découvre avec plaisir.

Extrait « … Éva allume des lampions au centre de la table, d’autres dans de grands vases remplis d’eau qu’elle dispose de part et d’autre des assiettes. Elle allume des serpentins antimoustiques avec le briquet de Jeff qu’elle attrape dans la poche de son pantalon, glisse des coussins sur les bancs ». J’adore les images que nous fait partager l’auteur. J’ai choisi celle-là parce qu’elle est très parlante, du moins, elle me parle à moi.

Revenons à l’histoire. Je dirais qu’en toile de fond, c’est la famille que je retrouve partout. Que ce soit celle de Léo Sarlat, le capitaine en vacances forcées, ou celle d’Iris la major qui mène l’enquête.
Des personnages attachants sillonnent les pages et ont tous des rôles importants à jouer, même Jéjé.

Vous prenez la mer, des bateaux, vous ajoutez une découverte archéologique perdue dans le fond marin puis une bastide familiale, vous avez le décor.
Un policier mis à pied, blessé par la mort de son coéquipier, une chef qui dirige la brigade fluviale, un cadavre qui peut en entraîner un autre, vous avez le sujet.

Trop facile. Allons, Frédérick d’Onaglia est joueur, ça ne peut pas s’arrêter là. Une histoire familiale pour Léo, qui se remet difficilement d’un divorce qui lui a ravi la garde de Jade, un père absent pendant l’enfance qu’il retrouve, une femme célibataire qui a fait le choix d’avoir un fils toute seule pour Iris. Vont-ils se trouver ? Surtout qu’ils se connaissent. Ils ont déjà travaillé ensemble et Iris apprécie beaucoup l’expérience de son collègue.

Pas si simple. Surtout quand l’enquête policière peut mettre en lumière, Jeff, le père de Léo qui semble être compromis dans l’affaire de meurtre et de recels d’objets archéologiques. Deux flics au top de leur forme, tous deux très forts pour trouver l’assassin… pour le moins inattendu.

L’auteur nous balade alors dans les méandres des sentiments contradictoires et nous ramène des années en arrière. Des questions restent en suspens… Mais il est tellement attachant Jeff, ce père retrouvé… Les apparences sont souvent trompeuses. Il faut toujours creuser pour faire ressortir le meilleur, à la manière peut-être d’un archéologue…

J’ai beaucoup aimé et j’ai trouvé ce livre différent. Je penserais même à le mettre dans celui que je préfère. Merci Frédérick d’Onaglia d’avoir réussi à me surprendre encore avec votre écriture.

vendredi 19 juillet 2019

Sophie Kinsella - Surprends-moi



Résumé

Après Ma vie (pas si) parfaite, la créatrice de l'inoubliable accro du shopping nous offre une nouvelle comédie, pleine de charme, d'humour et de rebondissements, sur un couple bien décidé à pimenter sa vie... pour le pire et surtout le meilleur.

Dix ans de bonheur sans nuage, deux adorables jumelles, une belle maison et des jobs épanouissants : Sylvie et Dan filent le parfait amour. Jusqu'à ce rendez-vous médical de routine où ils apprennent qu'ils vivront certainement centenaires, soit soixante-huit belles années de vie commune devant eux.
Sept décennies côte à côte ? Une éternité ! Et c'est le début de la panique...

Pour préserver la flamme, le couple lance le projet " Surprends-moi ", fait de cadeaux inattendus, dîners surprises, séances photos sexy... et autant d'occasions de malentendus, aussi drôles que désastreux. Mais les fous rires vont rapidement laisser place à d'étonnantes révélations. Et quand un scandale du passé resurgit, Sylvie et Dan en viennent à se demander : se connaissent-ils réellement ?

Mon avis

Je ne vais pas présenter l’auteure Sophie Kinsella, l’auteure à succès de l’accro du shopping. Je connais tous ses livres, j’ai tout lu, j’aime !

Ici, le départ de l’histoire c’est une simple visite chez le médecin qui annonce au couple que forment Sylvie et Dan qui déclenche un phénomène de panique à la prédiction qu’ils vont encore vivre longtemps ensemble, ayant la chance d’être tous deux en bonne santé. Ils ont aussi deux jumelles. Le bonheur !

Je suis surprise devant leur réaction. Au lieu de sauter de joie, c’est le contraire qui se passe. 68 ans avec le même partenaire, quel vertige ! Évidemment, vu comme ça et surtout décrit avec la plume et le talent de Sophie Kinsella, c’est compliqué.

D’éclats de rire en rire, puis en réflexion, tristesse, jalousie et beaucoup de questions sur la vie, les parents, l’origine, vont faire que cette histoire finalement va poser de sacrés problèmes.
L’idée de départ de se surprendre régulièrement pour ne pas tomber dans la routine va vite devenir non plus un plaisir, mais une obligation qui va tourner au cauchemar, même si des moments de franche rigolade vont être distillés ici et là au fil des pages.

La séance de shooting photo entre copines est à inscrire dans les annales. J’applaudis la plume de l’auteure qui sait parfaitement retranscrire ce que peuvent ressentir les femmes en se faisant filmer en petite tenue. Les scènes sont joliment décrites, elles sonnent vrai, comme si l’auteure avait fait les essais avant de l’écrire. Très amusant !
Extrait « Les photos dans l’embrasure de la porte sont encore pire. …. Vous savez quoi ? Je ressemble à un gorille. Un gorille pâle et sans poils, coiffé d’une perruque blonde, habillé de lingerie noire et suspendu à l’encadrement de la porte ».  

J’éclate de rire quand le couple joue à qui va gagner la meilleure surprise pour épater l’autre… et aussi lor
squ’après un câlin, Sylvie pense « Un de moins ». Génial !

Mais « Surprends-moi » prend un tout autre sens quand des secrets apparaissent. Sylvie est alors face à un mari qu’elle ne reconnaît plus et face à un père disparu qu’elle croyait justement bien connaître.
Petite fille privilégiée, la jeune femme se rend compte qu’elle est passée à côté de beaucoup de choses et la chute va être brutale et sans retour en arrière. Elle va couper net le cordon, et croyez-moi, quand je dis couper, c’est une belle image. Le cordon ici, prend un tout autre sens.

« Surprends-moi » va vous surprendre, mais pas tout de suite. Laissez-vous le temps d’entrer dans l’histoire. Au contraire des précédentes œuvres, l’auteure prend tout son temps.
C’est vrai qu’il lui reste encore 68 ans à vivre au moins… alors pourquoi se presser.

Un très bon moment de lecture à la sauce de Sophie Kinsella.


mercredi 17 juillet 2019

Gélou Morel - Laissez-moi faire


Résumé

À 17 ans, Gélou a gagné la célébrité et la fortune en interprétant le rôle principal d’une série télévisée pour adolescents. Oui, mais aujourd’hui, elle a 30 ans. La série s’est arrêtée, Gélou a dépensé tout son argent (avec l’aide des impôts) et ceux qui se souviennent d’elle trouvent qu’elle a beaucoup vieilli… depuis ses 17 ans ! Devrait-elle se résigner à être démodée prématurément ? Ce n’est pas son style ! Pour reconquérir le succès, elle est prête à tout ! Vraiment tout ! Y compris reprendre au cinéma le rôle qui l’avait rendue célèbre 13 ans plus tôt ! Et même, partager l’affiche avec Sophie Sagnet, la garce qui lui a pris l’homme qu’elle aimait, juste parce qu’il était un journaliste influent ! La confrontation des deux femmes s’annonce difficile, certes ! Mais il en faudrait davantage pour effrayer Gélou… Qui ne s’aperçoit même pas qu’elle se précipite et nous entraîne à sa suite dans une cascade d’aventures improbables, entre suspense et fous rires !

Mon avis

« J’ai choisi de devenir actrice : parce que les comédiens ne travaillent pas, ils jouent ! ».
L’auteure parle à la première personne. Évidemment, je comprends immédiatement qu’il s'agit d’elle et de tous les gens qu’elle a côtoyés. L’écriture est fluide, sympathique. Bienvenue dans le monde du cinéma et de la tricherie, des mensonges, des paillettes, de tout ce qui brille n’est pas or, du « il faut se montrer » et j’en passe.
Ce livre est un plaisir. Je me suis amusée de bout en bout, parce qu’il est un jeu continuel. Je l’ai dégusté comme une glace au chocolat. J’ai fait connaissance avec Gélou Morel et j’ai sincèrement aimé son écriture. Elle dit ce qu’elle a à dire et ne prend pas de gants. J’adore !
L’univers du cinéma est une comédie permanente, dans les réparties, dans les dialogues, dans les rencontres, tout n’est que poudre aux yeux. Tout y passe, les photos, les retouches, le maquillage, ce qu’il faut dire ou pas pour se faire remarquer, les journalistes, les producteurs, les réalisateurs. Un régal people. L’auteure tire sur tout ce qui bouge, comme si elle avait des comptes à rendre. De nombreuses allusions à des personnalités de télé-réalité me font éclater de rire. Elle est cash Gélou et en plus, elle vous parle dans son livre. Elle vous met en scène. Elle est dans votre salon, et vous discutez avec elle, elle vous raconte l'histoire. Vous jouez avec elle, elle vous donne un rôle et c’est ce qui m’a plu.


Quand Gélou est retenue pour rejouer dans la série qui la fait connaitre lorsqu'elle avait 17 ans et qu’elle se présente pour paraître toujours cet âge de midinette, alors qu’elle affiche quelques années de plus au compteur, je suis subjuguée et je ris. Je me dis, mais elle ne va pas le faire quand même ? Mais si…
Quel cliché, ces séries qui reprennent des vedettes d’il y a des années… et qui marchent ! Joli clin d’œil !

Quant à l’intrigue, parce qu’il y en a une, je ne peux que vous conseiller de la découvrir. C’est avec brio qu’elle est racontée. Gélou qui joue son propre rôle est embarquée dans un tas d’aventures incroyables, qui me font dire « incroyables, mais vrai », ça ne vous rappelle rien ?
Voilà, c’est ça le livre de Gélou Morel. Un bon moment de franche rigolade à ne pas prendre au sérieux du tout, quoique…mais laissez-là faire …



lundi 15 juillet 2019

Nathalie Antien - Midi moins n'oeuf


Résumé

Entre mystère et fiction, évoluant dans les méandres de l’utopie, de l’imaginaire et du suspense, ce recueil de nouvelles nous plonge avec délice dans un univers étonnant au sein duquel des personnages inattendus vous envoûtent et dévoilent leurs secrets, vous conduisant vers une fin improbable.

Mon avis

Je découvre ici une autre manière d’écrire de l’auteure Nathalie Antien puisque je connaissais « Les gardiens de Syot » un roman jeunesse.

Au fil de ma lecture, j’oscille entre mystère, fiction, imaginaire, réalité, et toujours comme l’indique le résumé, une fin improbable, je dirais même pour ma part, une fin inattendue, voire inexpliquée.
Les nouvelles se succèdent sans aucun lien entre elles. La première qui porte le titre de l’ouvrage me laisse perplexe, alors que j’adhère tout à fait à la suivante appelée « La fontaine de jouvence ». Elle délivre d’ailleurs un joli message… À vous de le découvrir.

« L’animal qui sait tout » est criant de vérité. Elle est, je pense, ma nouvelle préférée.

Tout au long du recueil, je vais de surprise en surprise avec une écriture pleine de mystères. Que feriez-vous si les marches de votre escalier disparaissaient, alors que vous étiez en train de les monter ou les descendre ?
J’ai ri avec « Les parents insupportables », j’ai été émue avec « La maison dans les nuages », j’ai essayé de comprendre l’énigme « Charley ».
Méfiez-vous « des pierres qui saignent », et de « la rencontre de la forêt ».
« Les angoisses divines » m’ont fait froid dans le dos et…
« Si je vous disais » est un bijou. Mais il faudra lire tout le livre pour le savoir.

C’est un recueil de jolies nouvelles à découvrir. Je ne vous cacherais pas qu’il est particulier. Mais justement, sa particularité est de vous attirer, vous appâter, et finalement, vous vous laissez happer par les histoires, toutes différentes. Mais le titre en lui-même « Midi moins n’œuf » n’est-il déjà pas un mystère à lui tout seul ? Sur le réveil, les aiguilles affichent quand même 12h presque 50mn...